Séminaire

Séminaire thématique « Médias et journalismes en tensions » – Séance 7 – 24 avril 2026

SEMINAIRE MEDIAS ET JOURNALISMES EN TENSIONS : NORMES, PRATIQUES ET DISCOURS
avec le GER Journalismes

Invité.e.s

Cégolène Frisque
Maîtresse de conférences en sociologie – Nantes-Université – IUT de la Roche sur Yon – GEA Laboratoire Arènes (UMR 6051) Associée au CENS (UMR 6025) https://www.univ-nantes.fr/cegolene-frisque
 
Eva-Marie Goepfert
Maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication – Université Lyon 2 – ICOM – Laboratoire Elico https://elico-recherche.msh-lse.fr/membres/eva-marie-goepfert-2
 

Organisateurs

Elico

Résumé

 
Cégolène Frisque, « Une déspécialisation du journalisme? L’intrication croissante des métiers du journalisme et de la communication »
 
Il s’agit d’étudier d’un côté la convergence des trajectoires dans le journalisme et dans la communication, et de l’autre le brouillage progressif des frontières que cela engendre, voire l’atténuation de la distinction même entre ces activités, la difficulté à maintenir leur définition différentielle qui avait été historiquement construite depuis les années 1930 et l’après-guerre. En effet, les trajectoires dans ces deux secteurs s’entrecroisent, que ce soit au niveau des formations et des profils des entrants, de la carrière qui comporte de plus en plus de précarité et de multiactivité, et des sorties du journalisme, de plus en plus précoces et nombreuses, avec de fréquentes bifurcations et reconversions – notamment dans la communication mais pas seulement. Derrière ces parcours individuels, ce sont également les espaces professionnels qui se sont transformés, et qui s’interpénètrent de plus en plus. On observe ainsi une délégitimation de la représentation classique des « frontières » entre journalisme et communication et des « mythes professionnels », allant vers une hybridation des activités de « production de contenu » qui en justifie le mélange. 
 
Eva-Marie Goepfert, « Quand la presse de mode fait le marché : l’information au service de la consommation (1768/1850) »
 
L’analyse de la presse de mode, de son émergence au XVIIIᵉ siècle jusqu’aux années 1850, ne constitue pas un simple détour vers des formes archaïques des magazines de mode, mais un point d’observation privilégié pour saisir les intrications entre information et communication propres à ce genre éditorial. Dès le XVIIIᵉ siècle, les journalistes instaurent une temporalité singulière de l’information de mode qui repose sur un présent orienté vers son dépassement et un futur érigé en évidence. Cette temporalité relève de ce que nous nommons l’anticipation prescriptive, entendue comme l’hybridation de deux régimes normatifs : celui du jugement de goût, fondé sur l’évaluation, et celui de la mode, qui impose la conformité. Via l’articulation de ces deux registres, la presse de mode transforme son lectorat en consommateurs et consommatrices dans un marché mondialisé. En valorisant les nouveautés, en hiérarchisant les producteurs, en orientant les pratiques d’achat et en légitimant le luxe comme moteur économique et social, elle participe à la diffusion d’une culture libérale ainsi qu’à la consolidation de la société de consommation et d’une industrie capitaliste de la mode, dont elle se constitue partie prenante.
 
 

Date et lieu

24 avril 2026 / 14h-16h

Salle Elise Rivet - MSH Lyon-Saint-Etienne - 4 Av. Berthelot, 69007 Lyon


Membre(s) ELICO impliqué(s)