Soutenance de thèse
Soutenance_Sonia_NIKITIN
Résumé de la thèse :
A travers le prisme des littératies pluriverselles, la thèse questionne les conditions (épistémiques) des différentes manières de (pouvoir) participer à ces processus : que et comment sait-on pour légitimement participer à la production de sens et des œuvres ?
La thèse est structurée en trois parties concernant chacune un niveau de pratique et d’analyse. La première partie traite des (micro-)pratiques du corps et de leur relation aux représentations sociales du corps (dansant). Elle montre comment les personnes engagées dans les processus transmettent et développent des techniques et savoirs du corps qui se rapprochent de pratiques professionnelles, basées sur l’attention kinesthésique, l’écoute et la réflexivité.
La seconde partie traite des dynamiques et relations pédagogiques dans les groupes. Elle montre comment les savoirs du corps émergent grâce à des stratégies, méthodes et cadres pédagogiques. Les personnes négocient leur place et leur appartenance au collectif par l’élaboration de savoirs de l’être-ensemble : des règles implicites et explicites du fonctionnement collectif et des tactiques et stratégies de partage des expériences et des savoirs.
La dernière partie traite des contextes artistiques et épistémiques qui cadrent les pratiques corporelles, pédagogiques et chorégraphiques. Elle montre comment les personnes développent et transmettent des savoirs incarnés des lieux matériels et symboliques et des conventions de leur usage (studios, scènes et salles de spectacle) ainsi qu’une connaissance des références (cadres compositionnels, personnes, appellations, courants historiques) de la danse contemporaine.
En m’appuyant sur les littératies pluriverselles (Perry, 2024), la socio-sémiotique (Landowski, 2004) et les économies de sens (Wenger, 1997), je conceptualise ces savoirs comme littératies corporelles, artistiques et de l’être-ensemble. Elles sont développées en résistance – et parfois en complicité – aux littératies dominantes dans les champs de la danse, mais aussi dans les espaces sociaux contemporains plus généralement.
Les processus de création partagée sont des micropratiques pluriverselles et des pratiques micropolitiques : elles permettent d’expérimenter, de tester, d’imaginer et d’incorporer d’autres manières de faire sens du monde et du collectif. Ce sont des espaces au potentiel pédagogique considérable, en ce qu’ils permettent de développer tout un ensemble de littératies habituellement invisibles, indicibles, invisibilisées ou dévalorisées. En cela, ce travail apporte une perspective originale aux recherches sur la communication intra- et intercorporelle (Martin-Juchat, 2020) et la participation artistique.
Mots-clefs : créations partagées, danse contemporaine, littératies pluriverselles, savoirs incarnés, communication intra- et intercorporelle, transmission et circulation de savoirs, production de sens
Invité.e.s
Le jury sera composé de :
Pd Dr Gerko Egert, Privatdozent, Ruhr-Universität Bochum – Directeur de thèse
Pr Isabelle Ginot, Université Paris 8 – Rapporteure
Dr Philippe Hert, Aix-Marseille Université – Examinateur
Pr Bojana Kunst, Justus-Liebig Universität Gießen – Examinatrice
Pr Fabienne Martin-Juchat, Université Grenoble Alpes – Rapporteure
Date et lieu
28 septembre 2026 / 13h-17h
DEM.015 - Université Lumière Lyon 2, Campus Berges du Rhône, Bâtiment Déméter, 4bis rue de l'Université, 69007 Lyon.